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Vietnam Review : La libert

Quatre ans après son dernier examen de l’UPR (Universal Periodic Review), le Vietnam fait à nouveau face au rapport qui est remis à chaque État-membre de l’ONU, dans le cadre de l’instance du Conseil des Droits Humains de Genève. Article 19 et Pen International ont organisé en février une campagne soulevant les constats de l’évolution de la situation de la liberté de presse au Vietnam et proposent des recommandations adressées aux États-membre afin de pallier la situation. Quels constats sont à faire?

En entrevue avec le Bouillon Politique à Genève, l’avocat Phom Chi Dung, défenseur de la liberté de presse et juriste réputé défendant les journalistes accusés par les autorités de menace à la sécurité nationale, dénote que rien ne laisse présager une amélioration significative de la situation des Droits de l’homme au Vietnam. Comme l’atteste  le dernier examen du Conseil des Droits de l’Homme, le Universal Periodic Review (UPR) subit par le Vietnam en 2009, la situation est rendue bien pire avec l’intégration progressive du domaine numérique au Vietnam. « Si d’une part, le numérique permet une meilleure concertation et une organisation plus consensuelle de la dissidence, il sert tout autant l’État en termes de surveillance politique et de suivi des blogues. C’est directement lié au niveau de violence employée par l’État pour réprimer les journalistes».

Parmi les éléments qui causent une détérioration de la situation, le Conseil des Droits de l’Homme a soulevé le niveau de corruption endémique dans le pays. La corruption facilite un système de libre application des lois où les autorités emploient la violence de manière libre, mais avec un pouvoir semenax sperm pills discrétionnaire, ce qui provoque l’apparition d’une zone grise difficilement mesurable. Qui plus est, cela entraîne également une différence appréciable entre la réalité vécue et ce qu’affirme l’État.

À cet égard, la pression internationale peut être le fer de lance du changement au Vietnam. Benjamin Ismail de Reporter Sans Frontières explique qu’elle doit s’organiser afin de médiatiser la problématique et maximiser l’incapacité de l’État à restreindre la liberté d’expression. « En incitant les États à inclure une obligation de respecter les droits humains préalablement aux ententes économiques signées avec le Vietnam, on place l’impératif économique au centre de l’enjeu, puisque le Vietnam jouit d’une émergence relative ».

Néanmoins, l’espoir d’un changement prochain demeure mince. Un amendement de la constitution vietnamienne en 2013 crée une promiscuité relative entre les instances législatives et exécutives, une anomalie constitutionnelle dangereuse mettant en péril la transparence et le fonctionnement de l’État de droit vietnamien.  Comme elle autorise les dysfonctionnements, la nouvelle constitution octroie aux autorités juridiques le pouvoir discrétionnaire de refuser aux accusés d’atteinte à la sécurité nationale d’avoir accès à un avocat, une situation qui afflige particulièrement les journalistes.

Pour accueillir l’étude du Vietnam à sa session d’examen périodique universel (UPR), un diplomate vietnamien a fait défection de son poste, le 3 février dernier, et a réclamé l’asile politique à la Suisse, en déclarant que « le Vietnam demeure un régime communiste et dictateur, malgré la chute du mur de Berlin il y a de cela 25 ans ». Une entrée en la matière intéressante pour la délégation vietnamienne, qui devra faire face à la situation.

 – Étienne O.

 

Photo :AttributionNoncommercialNo Derivative Works  United Nations Photo, CC, Flickr

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