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Une Russie sans Poutine

Les dernières élections législatives Russes ont figuré dans la plupart des médias Russes et occidentaux : on y évoque une victoire écrasante de Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine, ce qui assurerait à ce dernier une victoire sans équivoque lors des futures élections présidentielles de 2018. Mais si ces résultats raffermissent l’emprise de Poutine sur le pouvoir, certaines failles du système politique Russe n’ont cessé de s’agrandirent au cours des dernières années, le faisant dériver de plus en plus vers l’autoritarisme.

Des résultats anticipés

Lors de ces élections, le parti Russie Uni a obtenu plus de 50% des voix, ce qui lui procure 343 des 450 sièges de la chambre parlementaire russe, la Douma. Les autres forces politiques qui y siégeaient jusqu’alors (le Parti Communiste, le Parti libéral-démocrate et le Parti Russie Juste), et qui prônent une ligne politique semblable à celle du Kremlin, ont obtenu un nombre de sièges quelque peu inférieur à celui obtenu lors des dernières élections de 2011. De leur côté, aucun des partis d’opposition n’a réussi à dépasser les 5% nécessaires pour figurer à la Douma. Cette victoire écrasante est sans surprise pour Vladimir Poutine, qui vogue actuellement sur une forte vague de popularité.

Forte Abstention et Opposition morcelée

Malgré cette victoire, il ne faut pas omettre certains facteurs qui marquent une certaine rupture entre la population Russe et le paysage politique actuel du pays. Le taux de participation moyen aux élections législatives est assez bas, avoisinant les 48%, et descend jusqu’à 33% et 20% dans les villes de Moscou et de Saint-Pétersbourg. De plus, la popularité du parti de Vladimir Poutine décroit elle aussi depuis le début de l’année, et est passée de 65 à 50%. Cette baisse de popularité et de participation peut être due à l’absence d’option alternative crédible pour diriger la Russie, ce qui favorise l’impression que voter ne changera rien.

De plus, même si les partis d’opposition ne sont pas parvenus à dépasser la barre des 5% requis pour figurer à la Douma, certains opposants au régime n’ont pas eu le droit de se présenter aux élections, sont en exil ou ont été discrédités suite à des scandales médiatiques. On peut notamment évoquer Alexeï Navalny (Parti du Progrès), assigné à résidence, qui avait obtenu 27% aux municipales de Moscou en 2013.

Un gouvernement qui repose sur les épaules de Poutine

La faiblesse du système politique russe est notamment démontrée par le gouvernement actuel, qui repose pour beaucoup sur les épaules de Poutine. Nombreux ministres ont été promus plus pour leur lien ou dévotion au chef de l’État que pour leur seul mérite. La récente nomination de Sergueï Narychkine, un proche de Vladimir Poutine, au poste de chef du service du renseignement extérieur de la Russie suit une telle logique.

Comme Poutine l’a démontré avec Sergueï Ivanov, ex-ministre de la défense puis chef de l’administration du président et enfin démis de ses fonctions en août 2016, il peut aisément promouvoir ou rétrograder afin de s’assurer un contrôle total. Cela explique  que les ministres de Poutine lui soient totalement fidèles, et incite à penser qu’il veuille garder les rênes du pouvoir pour lui tout seul.

Un système politique Autoritaire

Cette dérive vers l’autoritarisme peut néanmoins être considérée comme un aveu de faiblesse de la part de Poutine; il n’a pas d’autre choix que de renforcer son contrôle du pouvoir s’il veut être sûr de parvenir à le garder au long terme. Cela passe par la répression politique de tout opposant capable d’endommager sa crédibilité et par un contrôle strict de son gouvernement. Le pouvoir est tellement centralisé dans les mains de son dirigeant, qu’il semble aujourd’hui presque inconcevable d’imaginer une Russie sans lui.

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