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Un peu de vert dans le bleu canadien

Le 8 mars prochain se tiendra la conférence annuelle de la John Molson Sustainable Business group , « Business Beyond Tomorrow », en partenariat avec le CSU (Concordia Student Union). Cette année, David Suzuki, environnementaliste canadien de renom, en sera l’intervenant principal. L’équipe du Bouillon Politique de Concordia profite de l’occasion pour vous parler d’environnement et de politique environnementale. Premier d’une série en deux volets, cet article propose une analyse des principaux problèmes environnementaux qui touche le Canada de près.

C’est maintenant chose évidente : stopper la détérioration de l’environnement à l’échelle planétaire nécessite des mesures urgentes de la part de tous les pays. Mais au Canada, terre pourtant riche en ressources naturelles, le gouvernement Harper refuse d’adopter une position ferme pour protéger l’environnement et participe ainsi activement à la détérioration de nos écosystèmes. Le problème : notre gouvernement continue de séparer les questions d’environnement et les questions d’économie, alors que celles-ci sont indissociables.

 

Il est temps de se rendre compte que les questions d’environnement et d’économie sont indissociables. Comme l’explique David Suzuki, le Canada a tord de partir du principe que l’économie est l’indicateur de développement le plus important, au dépens de l’écologie. Cette manière de percevoir les enjeux écologiques a un impact jusque sur les tendances de vote des canadiens : lors des élections fédérales de 2008, les citoyens ont préféré apporter leur confiance à Steven Harper, au détriment de Stéphane Dion et de son projet de taxe carbone, craignant que celui-ci pourrait porter préjudice à notre croissance économique. Certes, l’économie est un aspect essentiel à la survie d’un état, mais cela ne signifie pas qu’elle doit être conçue comme une entité séparée, au contraire. Selon le principe économique appelé « Optimum de Pareto », une situation économique n’est efficace que si elle n’a pas de conséquences négatives (ou externalités négatives) sur d’autres individus. Ici, la détérioration de l’environnement correspond à l’externalité négative ; la politique de Harper qui tend à préférer la protection de l’activité économique du pays, sans y inclure une quelconque vision d’avenir écologique, est donc loin d’être optimale. Ainsi, le gouvernement canadien est à l’origine d’une politique environnementale que l’on pourrait même qualifier de désastreuse, tant elle impact négativement la sphère économique.

Par exemple, en 2012, le projet de loi « Omnibus » des Conservateurs a opéré un changement dans la loi sur la protection des eaux navigables : la quantité de masse d’eau protégée est passée de 2.5 millions d’unités à seulement 159 unités. Mais, soyons honnêtes, les 2.5 millions d’unités de masse d’eau protégés auparavant vont bien devoir être un jour nettoyés de la pollution accumulée – un vivaxa ingredients financement qui se fera nécessairement à la charge des contribuables.

Autre exemple flagrant d’inefficacité économique: le manque de régulation environnementale dans le secteur pétrolier en Alberta. Le pétrole extrait dans cette province est aussi appelé « pétrole sale » car les émissions de gaz à effet de serre causées par l’extraction sont 30% plus importantes comparé à d’autres sites d’extraction. Les dommages causés à l’environnement sont tels qu’ils ont affectés le développement économique de la région. Le projet d’oléoduc Keystone XL, qui prévoyait la mise en place d’un oléoduc entre le Canada et les États-Unis, a notamment été rejeté, pour la simple raison que le gouvernement américain a refusé de s’impliquer dans un projet aussi néfaste pour l’environnement. Or ce projet, aurait pu créer de nombreux emplois des deux côtés de la frontière. C’est le manque d’intérêt du gouvernement canadien pour la question environnementale qui a empêché un tel accord.

 

Le concept de développement durable est un enjeu qui croît en importance depuis le début des années 80,mais les Conservateurs ne semblent pas avoir compris qu’il était grand temps de changer leur vision de l’économie. Leur politique, qui encourage la séparation des sphères économiques et environnementales, a des répercussions catastrophiques, alors que les concepts de développement durable, de respect de l’environnement, et d’industrie verte sont encore perçus par la classe politique au pouvoir comme étant des ennemis d’une forte croissance.
Si les difficultés auxquelles fait face le Canada en matière de règlementation environnementale sont multiples, elles ont toutes une même origine ; une bonne politique écologique et économique devrait donc les adresser de la même manière. Le Canada a besoin d’une vision économique et écologique globale, sur le long-terme et c’est au tour de notre génération de proposer un nouveau projet d’avenir. C’est avec grande impatience que nous attendons la conférence Business Beyond Tommorrow : David Suzuki aura certainement de nombreuses propositions à partager et pourra nous éclairer sur les directions à prendre.

 

– Anissa Saudemont et Eli Vincent Zivot

Image License: AttributionNoncommercialShare Alike Some rights reserved by James Wheeler

 

A propos de la Conférence Business Beyond Tomorrow

Samedi 8 Mars prochain, David Suzuki sera l’intervenant principal de la Conférence Business Beyond Tomorrow. Se déroulant à Place des Arts (5eme Salle), de 13h à 20h, c’est un évènement à ne pas manquer !  

Si vous n’avez toujours pas votre billet d’entrée, ne vous inquiétez pas, nous pouvez vous le procurer en ligne : ICI

Plus d’informations sur la Conférence Business Beyond Tomorrow à cette adresse .

Vous voulez en savoir plus sur  John Molson Sustainable Business Group ?

 

About Anissa Saudemont

Student in political science at Concordia University, Anissa was born and raised in Paris and is mostly interested in European Politics. After studying Law for a year at La Sorbonne, Anissa decided to move to Montreal. She speaks Arabic, French and German and loves black and white movies. Anissa joined the Political Bouillon in order to promote it at Concordia and explore the world of Journalism.

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