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Réformer le système de Dublin, solution viable face à l’afflux de migrants?

Depuis plus d’un an, l’Europe fait face à d’importants flux migratoires en provenance de l’Afrique et du Proche Orient. Nombreux pays refusent néanmoins d’accueillir les migrants, provoquant le lent enlisement de l’Europe, qui éprouve des difficultés à rester unie face à ces arrivées. La Commission Européenne vient donc d’annoncer de possibles réformes au système d’accueil Européen, dans le but de rendre ce dernier plus équitable et solidaire.

Le système actuel, dit ‘’de Dublin’’, impose aux migrants de demander asile dans leur premier pays d’arrivée. De fait, un état peut aussi renvoyer un migrant dans le premier pays dans lequel a été enregistrée sa demande d’asile. Les pays Européens du Sud, en plus de faire face à une augmentation des demandes d’asile, doivent donc parfois réintégrer des migrants. L’Italie, par exemple, a dû réhabiliter 1011 migrants sur son territoire depuis Septembre 2015.

Des réformes attendues

En plus de la création d’une agence chargée de s’occuper des demandes d’asile, et du renforcement d’Eurodac, les propositions de la Commission ont pour but de rendre les états Européens plus solidaires. La Commission Européenne propose donc de mettre en place une valeur de référence, basée sur le PIB et la population d’un état, qui mesurera la capacité d’accueil de ce dernier. Si les arrivées de migrants surpassent cette valeur de 150%, les migrants seront relocalisés dans d’autres pays Européens avoisinants. Un état qui refuse d’accueillir un migrant devra alors s’acquitter d’une contribution de 250 000 euros. Cette large somme, aux allures de sanction, sera ensuite attribuée ‘’au profit de l’État membre de relocalisation’’.

Une réelle solidarité?

Si ces propositions sont acceptées et mises en place, elles permettront sûrement à l’Europe de mieux faire face aux flux migratoires. Les pays ne voulant pas accueillir de migrants pourront directement soutenir ceux qui les reçoivent grâce à des compensations financières.

Il est néanmoins incertain que ces réformes soient acceptées par les vingt-huit pays Européens, car nombre d’entre eux semblent s’opposer à l’idée d’accueillir ou de payer pour des migrants, à commencer par la Hongrie, la Pologne ou la République Tchèque. De plus, même si ce mécanisme d’équité est accepté, il ne s’appliquera pas au Royaume-Uni, à l’Irlande ou au Danemark, dû aux liens spécifiques qu’ils entretiennent avec l’Union Européenne. Quoi qu’il advienne, l’Italie et la Grèce devront toujours faire face et s’acquitter des plus importants flux migratoires, n’ayant pas d’autre solution que d’accueillir les migrants. Seul un mécanisme de répartition permanent, incluant tous les pays Européens équitablement, réussira à canaliser et à réguler leurs arrivées.

Une solidarité qui reste à prouver

Il est donc indéniable que les propositions du système d’accueil Européen, si elles sont acceptées, faciliteront la prise en main des migrants une fois arrivés en Europe. Elles devront néanmoins être suivies de réformes plus importantes, telles qu’un mécanisme de répartition permanent, si l’Europe veut faire face à ces importantes migrations au long terme. Sinon, il est très probable que la situation ne s’améliore pas, laissant l’Italie et la Grèce seules face aux arrivées de migrants, qui ne cessent d’augmenter. La solidarité des pays Européens reste à prouver dans les mois à venir.

– Leo-Paul Jacob

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