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L’Union Européenne et le Royaume-Uni face au Brexit

Le vote qui déterminera si le Royaume-Uni quitte l’Union Européenne arrive à grands pas. Les campagnes en faveur ou contre le Brexit battent leur plein, avec Boris Johnson et David Cameron en figures de proue. Là où le camp du ‘Remain’ voit se rallier à sa cause d’importantes figures politiques étrangères, la campagne du ‘Leave’ peine à trouver des arguments économiques crédibles et se rabat sur l’immigration comme un de ses principaux chevaux de bataille.

Si l’on écoute les arguments de Boris Johnson, ancien maire de Londres, la campagne du ‘’Leave’’ semble se baser sur un souci d’indépendance et de souveraineté. Quitter l’Europe permettrait au Royaume-Uni de mettre en place ses propres lois, notamment au niveau de l’immigration, en s’extirpant de la tutelle de Bruxelles. Ce départ ne signifierait pas un isolement total pour le Royaume-Uni, mais lui permettrait plutôt d’édifier de nouveaux accords économiques et politiques avec l’Europe. Face au camp du pro-Brexit se dresse celui du ‘’Remain’’, qui compte des politiciens anglais tels que David Cameron ou Jeremy Corbyn, auxquels se sont récemment ralliés certains dirigeants étrangers, tels que Barack Obama ou Shinzo Abe. D’après eux, un Brexit ferait plus de mal que de bien au Royaume-Uni et à l’Europe, notamment sur le plan économique.

Les retombées économiques

Les retombées économiques du Brexit, concernant l’Angleterre et plus généralement l’Europe, sont avant tout incertaines car un tel phénomène ne s’est encore jamais produit. Pourtant, nombreux économistes semblent en venir à la même conclusion : un Brexit aurait surement un impact négatif sur l’économie du Royaume-Uni, du moins à court terme. Un récent rapport du FMI indique qu’un départ de l’UE affectera la croissance du Royaume-Uni, et pourrait avoir des effets néfastes sur les marchés internationaux. D’autre part, sur le long terme, le Trésor Britannique souligne qu’une sortie de l’UE pourrait causer une baisse de PIB de 6% d’ici 2030, ainsi qu’une perte annuelle de revenus de 4,300 livres par foyer. D’après George Osborne, ministre chargé des finances et du trésor Britannique, «Il y aurait moins de commerce, moins d’investissement et moins d’affaires. S’il quitte l’UE, le Royaume-Uni serait appauvri pour toujours.». De leur côté, les partisans du ‘Leave’ peinent à produire des scénarios économiques crédibles pour contredire le camp adverse, se limitant à des arguments vagues et peu convaincants.

Et qu’en est-il des migrants?
C’est donc sur le tableau de l’immigration que le camp du ‘Leave’ base une grande partie de sa campagne. Nombreux sont ceux qui estiment que les arrivées de migrants au Royaume-Uni ne sont pas assez régulées, et en viennent même à peser sur le marché du travail ou sur le système de santé anglais. D’après les pro-Brexit, être en dehors de l’Europe, comme la Norvège ou la Suisse, leur permettra d’instaurer des lois plus strictes quant aux migrants et de limiter leurs arrivées. Paradoxalement,  ces deux pays accueillent actuellement un plus grand nombre d’immigrants per capita que le Royaume-Uni . Un Brexit ne limitera donc pas les demandes d’asile, mais risque uniquement de laisser le Royaume-Uni seul face à ces arrivées. C’est au sein de l’Europe et en s’alliant avec ses voisins que le gouvernement Britannique actuel arrivera à mieux faire face aux arrivées grandissantes de migrants. Quitter l’UE dans le seul but de mieux gérer les flux migratoires risque plutôt de causer un repli sur soi et une montée de la xénophobie parmi les anglais.

Quel avenir pour l’Europe?

Si les Britanniques votent en faveur du Brexit, des retombées politiques ne tarderont pas à se faire sentir à travers l’Europe.  La Suède ou le Danemark, qui depuis un an font difficilement face aux arrivées de migrants, pourraient eux aussi se prononcer en faveur d’une sortie de l’UE. Certains partis politiques Eurosceptiques, tel le Front-National en France, s’appuieront surement sur cette décision pour demander eux aussi une sortie de l’Europe. Alors que l’UE fait déjà face à de nombreux défis, tels que le terrorisme, l’immigration, la montée des partis d’extrême droite ou encore la crise grecque, un Brexit la pousserait dans une zone inconnue, la contraignant soit à se réformer ou à se dissoudre. Quoi qu’il en soit, le Brexit met en évidence l’urgence pour l’Europe de se reformer afin de mieux faire face aux défis du vingt-et-unième siècle.

– Léo-Paul Jacob

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